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L'homme des villes confond la lune avec une enseigne de gasoline et prend les néons pour la clarté des étoiles. Chez nous, il y a de la lumière le jour
et de la clarté la nuit; on ne trouve pas assez d'éclairage pour déranger les étoiles,
pour détruire la beauté du ciel. Gilles Vigneault
Il est paradoxal qu'au moment où l'homme moderne s'attaque
à la conquête de l'espace, il se prive en même temps
de la vue du ciel nocturne. Avec le
dévelopement de l'éclairage urbain, une
génération de citadins a été
dépossédée de la vue d'un ciel étoilé.
Pour voir les étoiles, les citadins doivent se réfugier
à la campagne. Pour nombre d'entre eux, c'est la seule facon de
les admirer, hormis lors d'une visite au planétarium. Si
la pollution lumineuse constitue une nuisance pour le grand public, elle
constitue une véritable menace pour les astronomes professionnels. En effet, les astronomes
observent des objets d'une luminosité extrêmement
faible, à peine discernable du fond du ciel et toute
augmentation de ce dernier leur est dommageable.
Dans bien des cas, les astronomes ne peuvent effectuer leurs
observations que
lorsque la Lune est absente, afin d'avoir un ciel le plus noir
possible.
Malheureusement, l'accroisement de la pollution lumineuse a un effet
similaire
sur la brillance du ciel nocturne. Plusieurs télescopes
été construits près de grands centres urbains, à
une époque où la pollution lumineuse n'était pas
importante. Ce fut le cas des
télescopes du Dominion Observatory, près de Victoria, du Mont
Wilson, près de Los Angeles, et du Mont Palomar, près de San
Diego, qui furent tour à tour le plus grand télescope
du monde et qui malheureusement ont perdu beaucoup
d'intérêt en raison de la pollution
lumineuse.
Pour longtemps encore, les télescopes au sol seront beaucoup plus
économiques à opérer que les télescopes
spatiaux et
continueront de contribuer d'une manière importante à notre
compréhension du cosmos. L'espace est un laboratoire irremplacable pour l'études des phénomènes extrêmes. Son observation doit donc continuer à se faire sans interférences.
Le Québec est-il en guerre contre les étoiles?
Nous sommes en droit de nous le demander à la lumière d'une analyse des images satellites DMSP de la US Air Force produite par Syuzo Isobe, astrophysicien à
l'observatoire national japonais. En effet, d'après cette étude, en janvier 1997, la ville de Montréal envoyait autant de lumière vers le ciel que la ville de New York! De son coté, la ville de Québec brillait autant que Paris qui est pourtant la ville lumière!!!
La réflexion de la lumière sur la neige explique en partie cette incroyable luminosité. Néanmoins, si on tient compte de cet effet, on calcule que les Québécois émettent en moyenne 2 à 3 fois plus de lumière par habitant que les Américains ou que les Européens. Dans le domaine de la protection du ciel nocturne, le Québec accuse un retard considérable face au reste du monde.
En effet, afin de réduire la pollution lumineuse et limiter le gaspillage
d'énergie, de nombreux gouvernements ont édicté des lois régissant l'éclairage urbain. Aux États-Unis seulement, les états du Connecticut, du Maine, de l'Arizona, du Nouveau Mexique et du Texas ont voté des lois en ce sens. Plus près de nous, le gouvernement de l'Ontario a institué une réserve astronomique. Au Québec, il n'y a rien ... pour l'instant.
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